Shiroi Kuren Ryu Taikyokuken à Ramatuelle. Do-in sur la presqu'île de Saint-Tropez. Katsugen-undo
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Le Krama-Mahārtha |
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« Système Krama-Mahārtha Ainsi centré autour de l'énergie universelle, le Krama porte à son plus haut degré les tendances dynamiques des divers systèmes śivaïtes. Cette énergie consciente de soi, spontanée et libre, se transforme inlassablement en revêtant de multiples aspects bien qu'elle reste égale à elle-même, à la manière de l'immuable océan dont les vagues ne cessent de surgir et de se résorber. Toutefois ces vagues de la conscience ne forment pas un remous incohérent : la gerbe jaillissant de l'indifférencié — le Cœur — traverse des zones de plus en plus distinctes, celles du sujet puis de la connaissance et de ses moyens pour atteindre l'objet. Elle retourne ensuite à l'indifférencié originaire — bhāsā — et en rejaillit aussitôt. C'est donc à tout instant que se produit ce prodigieux étincellement de forces qui forment le moi et l'univers. Mais ces forces surgissent et se résorbent avec une telle rapidité que leur succession ne peut être appréhendée par l'homme ordinaire, comme la flamme d'une lampe, bien que faite d'une succession ininterrompue de flammes similaires, apparaît continue au regard non averti. Par contre le siddha qui a pleine conscience de cette succession subtile et vibrante (kramaparāmarśa) appréhende le Soi, source inépuisable dont celle-ci procède (M. M. p. 109 et 105). Le Soi se manifeste alors en sa liberté infinie, en tant que Splendeur cosmique (cf. śl. 40 sur bhāsā et Introd. p. 25) car il contient toutes les énergies qui forment l'univers. Afin de mettre à la portée de l'adepte cette conception dynamique de l'univers, le système Krama utilise le symbole d'une Roue immense à mille rayons, c'est-à-dire infinie, Roue de l'indicible (anākhyacakra) ou de la Conscience universelle. A l'intérieur de la roue, des cercles emboîtés offrent une classification exhaustive de la réalité et permettent à l'adepte de saisir en un seul coup d'œil l'énergie sous tous ses aspects, d'abord unifiée au centre, puis se dispersant vers la périphérie : roue intérieur à quatre rayons, celle du pramiti, pure connaissance de soi ; puis roue à huit rayons, celle du sujet conscient (pramātr) ; plus externe, une roue à douze rayons, celle des moyens de conaissance (pramāna) ou roue des douze kālī associée à des pratiques mystiques, tandis que les deux roues précédentes n'en comportent pas ; enfin la roue extérieure à seize rayons, celle de l'objet connu (prameya). On ignore si la Krama rendait un culte aux seize kālī — énergies ou fonctions — qu'elle renferme. La roue de l'objet correspond à la perception ordinaire où le sujet se tient face à l'objet qu'il saisit par la connaissance. Dans la roue de la connaissance, le sujet et sa connaissance demeurent seuls en présence. Avec la roue du sujet, objet et moyens de connaissance disparaissent, engloutis par lui, et seul subsiste le pur sujet doué de conscience de soi (pramiti). Avec la roue de pramiti, le sujet s'abîme dans le suprême Sujet conscient qui renferme, bien épanouis, les trois aspects de la connaissance, trait qu'il partage avec le cercle de l'objet à la différence que ce Sujet a une parfaite conscience de soi et connaît toutes choses dans leur véritable perspective. Ėnergie éparpillée à la superficie, ou énergie ramassée au centre, c'est toujours la même énergie : il suffit à celui qui aspire à l'énergie cosmique de briser ses limites individuelles et d'intensifier ses propres énergies pour que celle-ci recouvrent leur spontanéité et infinité naturelles. Contrairement à l'école Pratyabhijñā qui va droit à l'essentiel et insiste sur l'intimité |
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véritable qui suppose uniquement une plongée en soi-même, dans la parfaite tranquilité, le système Krama veut tout embrasser et, par la voie de l'énergie accessible à chacun, cherche à récupérer l'énergie à tous les niveaux, pensée, corps et ses organes, et à lui restituer sa nature vibrante, efficiente, intégrale. Le retour au plan cosmique se fait ainsi à partir de l'énergie intensifiée et libérée. A cette fin, la voie de l'énergie met en œuvre diverses évocations et pratiques, adoration de Śiva, contemplation de la roue des énergies, rituel avec une partenaire (dūtīyajana), grandes réunions d'hommes et de femmes (mahāmelāpa) ayant pour but de raviver de façon naturelle les énergies somnolentes et de les rassembler en une seule d'une intensité exceptionnelle (vīrya). Le trait essentiel du système Krama est la kramamudrā qui donne son nom à l'école et sur laquelle nous nous étendrons longuement. (Pour de plus amples renseignements cf. La Mahārthamañjarī de Maheśvarānanda, Lilian Silburn, Institut de Civlisation Indienne, E. De Boccard, p. 16-19) note : Dans l'ouvrage consacré au système Krama, nous examinerons les diverses roues télescopées en donnant la traduction de la seconde moitié du ch. IV du Tantrāloka qui traite de ce sujet ésotérique. Nous y appofondirons les problèmes du temps, de la vacuité, des douze kālī ainsi que des autres aspects originaux de cette ancienne école … » |
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